Depuis la déclaration officielle de la 17e épidémie de la maladie à virus d’Ebola souche Bundibugyo, le 15 mai dernier, les inquiétudes grandissent . Certains observateurs attirent l’attention sur un secteur particulièrement sensible : le transport en commun.
Entre les villes de Butembo, Beni, Bunia et Goma, les mouvements de population demeurent très importants. Les taxis interurbains « Ya Leo Leo », ainsi que les bus, assurent continuellement la liaison entre ces centres. Dans plusieurs véhicules, la surcharge des passagers demeure une pratique fréquente.
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Des voitures transportent parfois jusqu’à six ou sept personnes en plus du chauffeur, dans des espaces réduits et peu aérés. Une situation qui inquiète. « En période d’épidémie d’Ebola, la promiscuité dans les véhicules constitue un véritable danger. Une seule personne infectée peut exposer plusieurs autres passagers durant le trajet », s’inquiète Robert Soko Tunave.
Face à cette menace, plusieurs voix appellent les autorités à réglementer strictement le secteur du transport. Le nombre de passagers dans des voitures peut être limité à quatre personnes en plus du chauffeur. Quant aux bus de transport en commun, les opérateurs devraient respecter rigoureusement la capacité normale des véhicules sans surcharge.
Renforcer des mesures sanitaires
Au-delà du nombre de passagers, des mesures sanitaires renforcées sont également recommandées. Aussi, des leçons apprises des précédentes épidémies doivent servir encore aujourd’hui. « Lors des anciennes flambées d’Ebola, plusieurs contaminations étaient liées aux déplacements des populations. À travers le transport, la maladie peut rapidement atteindre d’autres villes », alerte Fabien Robert Soko Tunave.
Le défi reste toutefois important pour les transporteurs. Ils craignent une baisse de leurs recettes en cas de réduction du nombre de passagers. Mais pour plusieurs analystes, la protection de la vie humaine doit primer sur les considérations financières. La régulation du transport en commun apparaît désormais comme une composante essentielle dans la lutte contre Ebola. Aussi, chaque mesure de prévention peut contribuer à sauver des vies.