Face à une épidémie d’Ebola dévastatrice, les volontaires de la Croix-Rouge intensifient leurs actions à Butembo et dans le territoire de Lubero. Malgré un contexte sécuritaire instable, l’organisation soutient les familles à travers des sensibilisations, un accompagnement psychosocial et des enterrements sécurisés.

Du prélèvement médical jusqu’à la mise en terre, la Croix-Rouge de Butembo et de Lubero combat l’épidémie d’Ebola depuis son apparition. Les volontaires interviennent directement dans les quartiers et les zones de santé touchés. En effet, ils maintiennent le contact avec les communautés malgré l’insécurité régionale.

Cette réponse repose sur quatre piliers majeurs :

  • Les inhumations dignes et sécurisées ;
  • La sensibilisation communautaire ;
  • La remontée des alertes sanitaires ;
  • L’accompagnement psychosocial des familles.

Ainsi, les équipes font le lien entre la population et les acteurs de la riposte.

Des enterrements sécurisés

Les inhumations dignes constituent l’une des missions prioritaires de l’organisation. Les équipes gèrent le processus complet pour éviter toute contagion lors des funérailles. « Le processus commence par le prélèvement. Il se poursuit par la sécurisation du corps, puis son accompagnement vers le lieu d’inhumation », explique Mbusa Kizito, président de la Croix-Rouge à Butembo et Lubero, lors d’un entretien accordé à Radio Soleil le mardi 15 septembre 2026.

Par ailleurs, les volontaires parcourent les quartiers pour diffuser les mesures de prévention. Ils visitent aussi les centres de santé pour suivre la prise en charge des patients. Enfin, le volet psychosocial aide les familles à gérer le stress et la traumatisation. La Croix-Rouge accorde une attention particulière à l’inclusion des personnes vulnérables et en situation de handicap.

Avant chaque intervention, la Croix-Rouge évalue attentivement les risques sécuritaires sur le terrain. Heureusement, aucun volontaire n’a subi d’attaque directe depuis le début des opérations en mai dernier.

Outre la sécurité matérielle, le président de la Croix-Rouge met l’accent sur le soutien populaire. « Nous possédons la confiance de la communauté. Lorsqu’elle nous sollicite, nous répondons immédiatement à ses besoins », affirme Mbusa Kizito. De ce fait, cette relation de confiance facilite le signalement des cas et renforce l’engagement local.

Aussi, soulignons-le, le virus continue de progresser. Au 14 septembre 2026, la ville de Butembo enregistrait 715 cas confirmés et 490 décès, soit un taux de létalité de 68,5 %. La zone de santé de Katwa reste la plus frappée avec plus de 400 cas.

De plus, l’épidémie gagne du terrain dans le territoire de Lubero. Désormais, six de ses sept zones de santé rapportent des malades : Lubero, Kayna, Masereka, Musienene, Manguredjipa et Biena. Kayna a rejoint cette liste le 3 septembre 2026. Aujourd’hui, seule la zone d’Alimbongo échappe encore au virus.

Maua Grace

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